Textes

Il s’agit d’une œuvre où le dispositif fictionnel nous porte vers une émotion forte et quelquefois dérangeante. Elle joue le rôle de révélateur, produit chimique utilisé autrefois dans les labos photographique avant l’avènement de l’ère numérique...

Au travers d’une cosmogonie personnelle les travaux  de Pierre Genot nous donnent à voir les forces de l’originel et du premier. Des figures  archétypales  naissent de gestes pulsionnels  qui , plus que le mouvement, produisent une dynamique d’apparition:

Tout se passe à l’état de transe.

 

La récurrence  de tons bruns et noirs en explicite leurs provenances: la mémoire composite  de l’enfance, du cerveau reptilien ou d’un lointain passé  d’une humanité primitive. Ainsi métaformes de Vénus, Cervidés, Objets de  Cultes semblent  habiter l’espace pictural comme autant de signes totémiques et archétypaux. On pense à une  vallée des merveilles moderne, aux grottes de Lascaux revisitées, aux vestiges de traces tirés de mythes ancestraux:

Les ruines du monde le conduisent.


Les travaux de Pierre Genot  peuvent également nous  renvoyer à  la surréalité troublante de la photographie en noir et blanc et à la présence  d’un réalisme magique.La nature est ressentie comme un espace sacré.

Ses travaux   nous renvoient  également à certaines images de  cinéma, d'anciens films en noir et blanc datant de son  âge premier, expérimental et  originel. La mémoire diffuse d’images de  films expressionnistes  est quelquefois apparente. Cette mémoire ne cherche pas à atteindre une mécanique de l’échec, ni le tragique  d’un Aguirre de Werner Herzog. On pense plus volontiers à  un Stalker d’Andreï  Tarkovski,  amenant  les voyageurs à travers une zone dangereuse, à la recherche  d’un lieu magique révélant les croyances de chacun:

L’espace du sacré est réinvesti activant le ré-enchantement du monde.


Les titres quasi-hallucinatoires tirés d’un lexique technico scientifique à l’apparence d’extrême  précision, ou d’un burlesque de pantomime   désamorce la mystification  culturelle de la surface picturale. Ils  soulignent la  fiction  d’un réel  fantasmé où finalement seul l’acte de création spontané et originel perdurera dans le temps. Seule l'empreinte du corps traversera le temps débarrassée de toute référence  culturelle précise. Cette  posture ironique souligne la vanité de toute objectivation. Ou encore l' angle d'approche  mystico-scientifique fantoche des titres  fait  simplement valoir la conscience de la déliquescence inévitable de la culture:

 Du lâché prise sur le connu et le justifié. Le sens finira par nous échapper.

           
             
Les travaux  de Pierre Genot nous offrent ce transport symbolique qui nous révèle les forces de l'enfoui et  du sacré . Ils  nous invitent à nous regarder de l’intérieur, à effleurer notre part primitive. Comme des captations de  persistances rétiniennes de notre mémoire diffuse, bribes de contes et légendes, impressions invisibles  et  pourtant fondatrices:

 

Il y a de la catharsis dans les œuvres proposées.